LA LOI DU TRAVAIL


LA LOI DU TRAVAIL

 

Nécessité du travail.
Le travail (…) est une loi de la Nature par laquelle l’homme forge son propre progrès, en développant les possibilités du milieu où il se situe, en élargissant les ressources de préservation de la vie, au moyen de ses besoins immédiats dans la communauté sociale où il vit. Depuis les nécessités vitales de manger et de boire, de se protéger des excès climatiques, jusqu’à la garantie et la préservation de l’espèce, par la reproduction, l’homme se voit soumis à la loi du travail. (FRANCO, Divaldo Pereira. Estudos Espiritas. Par l’Esprit Joana de Ângelis.) Ainsi, le travail s’impose à l’être humain comme une nécessité, parce que c’est un (…) moyen de perfectionner son intelligence. Sans le travail, l'homme resterait dans l'enfance de l'intelligence ; c'est pourquoi il ne doit sa nourriture, sa sécurité et son bien-être qu'à son travail et à son activité. A celui qui est trop faible de corps, Dieu a donné l'intelligence pour y suppléer ; mais c'est toujours un travail. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)


Le travail, entendu comme une loi de la Nature, (…) est l’une des plus grandes bénédictions de Dieu dans le temps. Par ses réalisations pour le bien, le triste se réconforte, l’ignorant apprend, le malade se rétablit, le criminel se régénère. (XAVIER, Francisco Cândido. Voltei. Par l’Esprit Jacob.) C’est (…) le guide dans la découverte de nos possibilités divines, dans le processus évolutif du perfectionnement universel. Par le travail (…) l’âme édifie sa propre maison, crée des valeurs pour l’ascension sublime. (XAVIER, Francisco Cândido. Reportagens de Além-Túmulo. Par l’Esprit Humberto de Campos.)


Les Esprits Guides nous expliquent que le travail de l’homme (…) a un double but : la conservation du corps et le développement de la pensée qui est aussi un besoin, et qui l'élève au-dessus de lui-même. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.) Le travail, en théorie, étant un processus d’évolution, se compose de trois aspects principaux : matériel, spirituel, moral. Par le travail matériel proprement dit, l’homme s’élève dans l’accomplissement des devoirs envers lui-même, envers la famille que Dieu lui a confiée, envers la société à laquelle il appartient. Par le travail spirituel, il exerce la fraternité envers son prochain et se perfectionne dans la connaissance transcendantale de l’âme immortelle. Dans le domaine de l’activité morale, il luttera pour acquérir des qualités élevées, ou, selon le cas, pour sublimer celles qu’il a déjà acquises. (PERALVA, Martins. Estudando o Evangelho.)


Cependant, nous devons considérer que (…) Ce n'est pas tout de dire à l'homme qu'il doit travailler, il faut encore que celui qui attend son existence de son labeur trouve à s'occuper, et c'est ce qui n'a pas toujours lieu. Quand la suspension du travail se généralise, elle prend les proportions d'un fléau comme la disette. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.) En réfléchissant à ce sujet, nous comprenons que les conflits sociaux représentent l’une des principales causes de souffrance du monde contemporain. En vérité, il est (…) bien reconnu que la plupart des misères de la vie ont leur source dans l'égoïsme des hommes. Dès lors que chacun pense à soi avant de penser aux autres et veut sa propre satisfaction avant tout, chacun cherche naturellement à se procurer cette satisfaction à tout prix, et sacrifie sans scrupule les intérêts d'autrui, depuis les plus petites choses jusqu'aux plus grandes, dans l'ordre moral comme dans l'ordre matériel ; de là tous les antagonismes sociaux, toutes les luttes, tous les conflits et toutes les misères, parce que chacun veut évincer son voisin. (KARDEC, Allan. OEuvres Posthumes.)
Les conflits sociaux non résolus, ou incorrectement gérés, peuvent entraîner une situation de pauvreté généralisée, avec toutes ses conséquences calamiteuses. Les spirites savent que les inégalités sociales sur la Planète sont liées à deux points fondamentaux : la manifestation de la loi de cause à effet et la vision matérialiste de la vie.


Dans le premier cas, la pauvreté et la richesse doivent être considérées comme un instrument d’amélioration spirituelle, car la (…) pauvreté est pour les uns l'épreuve de la patience et de la résignation ; la richesse est pour les autres l'épreuve de la charité et de l'abnégation. (KARDEC, Allan. L’Évangile selon le Spiritisme.) La vision matérialiste de la vie, alimentée par l’orgueil et l’égoïsme, encourage la permissivité morale, cause du relâchement des habitudes et des coutumes sociales. Les gens deviennent indolents et omis, ne faisant rien pour empêcher ou minimiser l’état de souffrance matérielle et morale régnant autour d’eux. Les inégalités humaines occasionnent des conséquences économiques et sociales, généralement issus de la mauvaise distribution des ressources, permettant qu’une minorité humaine vive dans l’abondance, et qu’une majorité souffre les rigueurs de la pauvreté et de la misère. Une société basée sur ces fondements est marquée par les contrastes sociaux, qui encouragent le chômage, la violence et la misère.


La science économique cherche le remède dans l'équilibre entre la production et la consommation ; mais cet équilibre, à supposer qu'il soit possible, aura toujours des intermittences, et pendant ces intervalles le travailleur n'en doit pas moins vivre. Il est un élément qu'on n'a pas assez fait entrer dans la balance, et sans lequel la science économique n'est qu'une théorie : c'est l'éducation ; non pas l'éducation intellectuelle, mais l'éducation morale ; non pas encore l'éducation morale par les livres, mais celle qui consiste dans l'art de former les caractères, celle qui donne des habitudes : car l'éducation est l'ensemble des habitudes acquises. Quand on songe à la masse d'individus jetés chaque jour dans le torrent de la population, sans principes, sans frein et livrés à leurs propres instincts, doit-on s'étonner des conséquences désastreuses qui en résultent ? Quand cet art sera connu, compris et pratiqué, l'homme apportera dans le monde des habitudes d'ordre et de prévoyance pour lui-même et les siens, de respect pour ce qui est respectable, habitudes qui lui permettront de traverser moins péniblement les mauvais jours inévitables.


Le désordre et l'imprévoyance sont deux plaies qu'une éducation bien entendue peut seule guérir ; là est le point de départ, l'élément réel du bien-être, le gage de la sécurité de tous. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)
Les hommes ne peuvent être heureux s'ils ne vivent en paix, c'est-à-dire s'ils ne sont animés d'un sentiment de bienveillance, d'indulgence et de condescendance réciproques, en un mot, tant qu'ils chercheront à s'écraser les uns les autres. La charité et la fraternité résument toutes les conditions et tous les devoirs sociaux ; mais elles supposent l'abnégation ; or, l'abnégation est incompatible avec l'égoïsme et l'orgueil ; donc avec ces vices, point de véritable fraternité, partant, point d'égalité ni de liberté, parce que l'égoïste et l'orgueilleux veulent tout pour eux. Ce seront toujours là des vers rongeurs de toutes les institutions progressives ; tant qu'ils régneront, les systèmes sociaux les plus généreux, les plus sagement combinés, crouleront sous leurs coups. Il est beau, sans doute, de proclamer le règne de la fraternité, mais à quoi bon, s'il existe une cause destructive ? C'est bâtir sur un terrain malsain. Dans un tel pays, si l'on veut que les hommes se portent bien, il ne suffit pas d'y envoyer des médecins, car ils mourront comme les autres ; il faut détruire les causes d'insalubrité. Si vous voulez qu'ils vivent en frères sur la terre, il ne suffit pas de leur donner des leçons de morale, il faut détruire les causes d'antagonisme ; il faut attaquer le principe du mal : l'orgueil et l'égoïsme.


Le Spiritisme nous présente une solution pour le problème de la misère sociale, exprimée dans les paroles suivantes d’Allan Kardec : Liberté, égalité, fraternité, ces trois mots sont à eux seuls le programme de tout un ordre social qui réaliserait le progrès le plus absolu de l'humanité, si les principes qu'ils représentent pouvaient recevoir leur entière application (…). La fraternité, dans la rigoureuse acception du mot, résume tous les devoirs des hommes à l'égard les uns des autres ; elle signifie : dévouement, abnégation, tolérance, bienveillance, indulgence ; c'est la charité évangélique par excellence et l'application de la maxime : «Agir envers les autres comme nous voudrions que les autres agissent envers nous.» La contrepartie est l'Égoïsme (…). Considérée au point de vue de son importance pour la réalisation du bonheur social, la fraternité est en première ligne : c'est la base ; sans elle il ne saurait exister ni égalité ni liberté sérieuse ; l'égalité découle de la fraternité, et la liberté est la conséquence des deux autres. En effet, supposons une société d'hommes assez désintéressés, bons et bienveillants pour vivre entre eux fraternellement (…). Chez un peuple de frères, l'égalité sera la conséquence de leurs sentiments, de leur manière d'agir et s'établira par la force des choses. Mais quel est l'ennemi de l'égalité ? C'est l'orgueil. L'orgueil qui partout veut primer et dominer (…). La liberté (…) est fille de la fraternité et de l'égalité (…). Les hommes vivant en frères, avec des droits égaux, animés d'un sentiment de bienveillance réciproque, pratiqueront entre eux la justice, ne chercheront point à se faire de tort, et n'auront, par conséquent, rien à craindre les uns des autres. La liberté sera sans danger, parce que nul ne songera à en abuser au préjudice de ses semblables. (…).
Ces (…) trois principes sont (…) solidaires les uns des autres et se servent mutuellement d'appui ; sans leur réunion, l'édifice social ne saurait être complet. La fraternité pratiquée dans sa pureté ne peut l'être seule, car sans l'égalité et la liberté il n'y a pas de véritable fraternité. La liberté sans la fraternité, c'est la bride mise sur le cou de toutes les mauvaises passions qui n'ont plus de frein ; avec la fraternité, l'homme ne fait aucun mauvais usage de sa liberté : c'est l'ordre ; sans la fraternité, il en use pour donner cours à toutes ses turpitudes : c'est l'anarchie, la licence. C'est pour cela que les nations les plus libres sont forcées d'apporter des restrictions à la liberté. L'égalité sans la fraternité conduit aux mêmes résultats, car l'égalité veut la liberté ; sous prétexte d'égalité, le petit abaisse le grand, pour se substituer à lui, et devient tyran à son tour ; ce n'est qu'un déplacement de despotisme. (KARDEC, Allan. OEuvres Posthumes.)


Limite du travail et du repos.
Le travail étant une loi naturelle, le repos est la conquête résultante dont bénéficie l’homme pour reprendre des forces et continuer son rythme de productivité. Le repos lui revient comme le prix de son effort, ainsi que l’indispensable subsistance pour ses vieux jours, lorsque diminuent le pouvoir créatif, les forces et l’agilité pour l’accomplissement des tâches liées à la subsistance. (FRANCO, Divaldo Pereira. Estudos Espiritas. Par l’Esprit Joana de Ângelis.) Ainsi, la limite du travail est (…) la limite des forces ; Du reste, Dieu laisse l'homme libre. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)


Le travail étant une source d’équilibre physique et moral, cela explique qu’il doit être exercé aussi longtemps que nous sommes valides. Dans ce domaine, il faut chercher l’équilibre, en évitant, tant que possible, les comportements extrêmes : ni nous livrer à l’oisiveté dégradante, fille de la paresse, ni nous imposer un rythme de travail excessif, qui rend malade. La nature exige l’emploi de nos énergies, et ceux qui prennent leur retraite, éprouvant encore une pleine jouissance de leurs forces physiques et mentales, tombent vite dans l’ennui, deviennent inquiets, hargneux ou hypocondriaques. Certains essayent d’effacer le vide de leur temps en voyageant ; d’autres en divertissements ; mais presque tous se lassent d’une chose et de l’autre, et se livrent souvent à l’alcoolisme, aux jeux et à d’autres vices qui leur ravagent complètement tant la santé que la paix intérieure. Des psychiatres et psychanalystes compétents affirment, en connaissance de cause, que tous les êtres humains ont besoin de trouver une activité à réaliser, car personne ne peut être heureux sans se sentir utile ou nécessaire aux autres. (CALLIGARIS, Rodolfo. Les Lois Morales.) D’un autre côté, les exigences et la concurrence existant dans le monde moderne contribuent pour qu’un nombre significatif de personnes adoptent des comportements compulsifs, concernant le travail. Ce sont des personnes qualifiées de Workaholics (ou Work-a-holics), mot anglais qui désigne les personnes compulsives au travail. Elles travaillent excessivement, vivent et respirent le travail vingt quatre heures par jour.


En partageant le temps entre le travail et les loisirs, l’action et la distraction, les possibilités de l’existence de l’homme s’amplifient, et il jouit alors du résultat du progrès sur sa santé, par les manifestations artistiques, culturelles, du plaisir, disposant aussi de temps pour les activités spirituelles, tout aussi précieuses, voire indispensables pour sa paix intérieure. Par le « travail rémunéré » l’homme modifie son milieu, transforme son habitat, crée des conditions de confort. Par le « travail abnégation », par lequel il ne perçoit et n’échange aucune rémunération, l’homme se modifie lui-même, s’élevant dans le sens moral et spirituel. (FRANCO, Divaldo Pereira. Estudos Espiritas. Par l’Esprit Joana de Ângelis.)


La limite du travail et du repos est observée aussi dans le plan spirituel. André Luiz fait d’innombrables références à ce thème dans son oeuvre. Dans Notre Demeure, par exemple il nous informe : En réalité, ici, la loi du repos est rigoureusement respectée afin que certains travailleurs ne soient pas surchargés par rapports à d’autres. Mais la loi du travail est également rigoureusement appliquée. (XAVIER, Francisco Cândido. Nosso Lar. Par l’Esprit André Luiz.) Dans le livre Les Messagers, il y a un récit du bienfaiteur Anicet sur une répartition spécifique de tâches entre les collaborateurs : A l’atelier, nous nous revigorons, ce qui est indispensable au travail. Nous recevons des suppléments d’énergie en nous nourrissant convenablement pour poursuivre notre effort, mais convenons que, pour beaucoup d’entre nous, la nuit a représenté une série d’activités, épuisantes et longues. Nous avons besoin d’un peu de repos. (XAVIER, Francisco Cândido. Les Messagers. Par l’Esprit André Luiz.)


Si nous souhaitons suivre mentalement la lumière des Plans Supérieurs, il faut que notre volonté adopte spontanément le travail comme aliment de chaque jour.
Dans le passé, nous l’avions considéré comme une attitude servile de ceux qui tombaient sous les signes de l’injure. L’école, les arts, les vertus domestiques, l’industrie et le labour de la terre étaient relégués aux mains esclaves, les bras supposés libres étant réservés à l’inertie dorée. (XAVIER, Francisco Cândido. Pensamento e Vida. Par l’Esprit Emmanuel.)


Le travail esclave, encore présent dans beaucoup de nations, a été une pratique courante dans le passé. Dans la période agricole, la production exigeait une main d’oeuvre permanente, non rémunérée. Longtemps, après la période de la révolution industrielle, le travailleur était rémunéré, mais en contrepartie, il subissait le poids d’une charge de travail inhumaine, avec très peu de temps destiné au repos. Dans ce sens, le Spiritisme explique que nous devons être très vigilants, car il n’est pas correct d’abuser de l’autorité, en imposant aux subalternes un travail excessif. Selon les Esprits Guides, celui qui procède ainsi commet (…) une des plus mauvaises actions. Tout homme qui a le pouvoir de commander est responsable de l'excès de travail qu'il impose à ses inférieurs, car il transgresse la loi de Dieu. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)
 



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